En janvier 2020, Le Devoir a publié une étude où elle démontre que le niveau d’accès à l’eau en Afrique du Sud est pire qu’au temps de l’apartheid. Un bilan catastrophique mis en valeur par une gestion des ressources défaillantes, ainsi que des conditions climatologiques peu optimales.
Cette ville, connue pour être le symbole du tourisme en Afrique du Sud, tant pour ses paysages que pour ses vignobles, subit depuis novembre 2015 une crise de l’eau sans précédent, dû au manque de pluie, et au manque de capacité des réservoirs d’eau de la ville.

Un vrai conflit se crée, entre les habitants, démunis face à la situation critique qu’ils subissent au quotidien, et le gouvernement qui semble rester inactif face aux plaintes des citoyens.
L’assainissement minimal est aussi une véritable problématique au Cap, le taux de mortalité du au mauvais traitement des eaux a augmenté considérablement.
Nous nous rendons aujourd’hui à Nelson Mandela Bay, qui est l’une des 8 municipalités de la ville du Cap, et qui est à l’heure actuelle dans une situation critique comparativement aux autres municipalités de la ville.

Pour palier à l’inaction du gouvernement, des entreprises ont elles-mêmes commencé à fixer les fuites dans les écoles.
Le Cap subit depuis maintenant plusieurs années une crise hydrique, accentuée par la sécheresse permanente de la ville. En 2018, le gouvernement a déclaré l’éventualité d’un day zero, déterminant le jour à partir duquel les habitants n’auraient plus accès à l’eau qu’en quantité limitée.
Le plus grand réservoir d’eau de la ville, Theewaterskloof, approvisionnant 40% de l’eau au Cap a quelque peu pâti des sécheresses du pays.
À partir de 2014, date à laquelle la situation de stress hydrique en Afrique du Sud a commencé à devenir inquiétante, on peut apercevoir la création de citernes autour du réservoir de Theewaterskloof, censé dépanner en cas de pénurie d’eau.
Le risque d’années sèches augmente à mesure qu’on se rapproche de la fin du siècle et les chances d’années pluvieuses baissent. Piotr Wolski, hydroclimatologue à l’Université du Cap
À la capitale administrative, Pretoria, le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement a débloqué un fond d’aide (ou subvention conditionnelle) de 12,7 millions d’euros pour subvenir aux besoins des habitants sud-africain.
Malheureusement, comme tout pays, il existe de grandes inégalités entre les plus démunis et les plus aisés. Selon une étude de la Banque Mondiale en 2018, l’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire au monde. Beaucoup des habitants les plus riches se font construire des puits artésiens, qui leur permettent de consommer l’eau à foison, et sans devoir se restreindre à une limite quotidienne, tandis que les habitants les plus pauvres habitant dans des townships ne représentent que 4% de la consommation d’eau de la ville.
Mascara Renewable Water, kézako ?
Avec l’éventualité d’un futur day zero, dans la situation délicate opposant les habitants et le gouvernement jugé trop « déconnecté » de la réalité, une société tire son épingle du jeu. Soucieux de proposer des solutions et des actions concrètes tout en gardant une dimension écologique à leur démarche, Marc Vergnet et Maxime Haudebourg ont créé Mascara Renewable Water.
Leurs systèmes de dessalement d’eau de mer sont maintenant brevetés et fonctionnent à l’énergie solaire.
Leur vision est de fournir en eau potable les pays du Sud, généralement plus démunis face au stress hydrique et la crise de l’eau, en passant par des solutions respectueuses de l’environnement, sans émettre de GES.
Initialement une société de dessalement d’eau de mer, la société s’est diversifiée en 2014 afin de proposer 4 solutions à des problématiques différentes, mais ayant le même dénominateur commun : l’accès à l’eau potable, pour tous.
- OSMOSUN
- OSMO-WATT
- OSMOSUN TAPS
- OSMOSUN NOMAD
Le système est relativement petit en taille, et est peu coûteux pour les localités. Composé d’une cuve qui dessale l’eau, la chauffe à très haute température grâce aux panneaux solaires. L’eau est ensuite filtrée pour qu’elle devienne potable.
La vidéo, proposée par Mascara Renewable Water illustre comment s’effectue la dessalinisation de l’eau de mer grâce à l’énergie des panneaux solaires.
Alors au Cap, l’éventualité d’un « Jour Zéro » n’est peut-être qu’un début, et pas si utopique.
