Au niveau local, national ou international, l’accès à l’eau, aussi appelé « l’or bleu », soulève des problèmes sous-jacents : économiques, politiques, géopolitiques, sanitaires, mais appartenant à la problématique globale du dérèglement climatique.
Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Science Advances, quatre millards d’individus vivent dans des régions où le stress hydrique est très important, au moins un mois par an.
Ici, l’enjeu est d’apporter un autre point de vue sur l’accès à l’eau dans le monde, en commençant par le cas du Cap en Afrique du Sud, en passant par les contrées prospères de Las Vegas, et en concluant sur un cas d’étude local dans l’Aude, en France.
Nous verrons que malgré l’urgence du dérèglement climatique et ce qu’il engendre sur le plan de l’eau, certaines collectivités, entreprises et start-up ont su prendre le pas sur la problématique de l’accès à l’eau, et proposer des actions et des solutions concrètes à ce problème mondialement généralisé.
Nous aborderons donc dans un premier temps les causes et les conséquences du dérèglement climatique sur l’accès à l’eau pour tous. Puis, nous verrons les solutions potentielles qu’ont trouvé certains entrepreneurs afin de pallier à celui-ci.
Les effets du changement climatique se font déjà sentir sur l’approvisionnement en eau des systèmes de production agricole, et se manifestent par des inondations et des sécheresses, une plus grande variabilité des précipitations et la hausse des températures. Ils se traduisent par une concurrence accrue entre les usagers de l’eau, là où le stress hydrique et la pénurie d’eau sont déjà importants.
En 2021, 1 être humain sur 3 manque d’eau potable. Lorsque la demande (le nombre de personnes sur Terre) est supérieure à l’offre (la quantité d’eau disponible), on parle de stress hydrique. Les causes et les conséquences amenant à des situations de pénurie en eau ne sont donc pas systématiquement dues à la richesse d’un pays, mais bien à d’autres facteurs tels que la croissance démographique ou la paupérisation.
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Dans les années 1970, la mer d’Aral, qui est en fait un lac situé en Asie Centrale, entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, connaît un avenir radieux. Il était en fait le 4ème plus grand lac au monde, et disposait de ressources quasiment infinies, vraie mine d’or pour les habitants, tant pour ses ressources halieutiques que pour l’approvisionnement en eau.
Mais dans les années 60, les autorités de l’URSS ont décidé de s’approprier les eaux de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan pour irriguer des champs de blé et de coton.
De ce fait, le lac s’est rapidement appauvri en eau, ce qui causa la disparition de milliers de poissons du lac. À cela s’ajouta le réchauffement climatique, qui limita les pluies dans cette région, et n’ont donc pas pu inonder le lac, et contribuer à son remplissage partiel ; quant à la montée des températures, les zones alentours aux lacs sont devenues arides,
J’ai choisi ce cas de figure car il est assez représentatif de la situation au lac Mead, aux États-Unis. L’assèchement d’un lac clé de la région, qui approvisionnait tant en eau qu’en ressources halieutiques les villes alentours.
De fil en aiguille, les conséquences désastreuses de l’exploitation des soviétiques dans les années 60 sur les eaux des deux pays a impacté la vie des habitants actuels. En effet, lorsque les ressources halieutiques de la mer d’Aral ont été décimées, du aux pesticides utilisés par l’URSS pour entretenir l’agriculture intensive, ceux-ci ont contaminé les populations aux alentours, puisque les pesticides ont réussi à tapisser le fond du lac.
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D’après le rapport sur la gestion de l’eau, fait par l’Ambassade française en Arabie saoudite, la consommation d’eau par habitant de l’Arabie saoudite est l’une des plus importantes au monde en raison d’une combinaison de facteurs climatiques, de croissance démographique et de développement économique. (362 L d’eau/jour)
En 2019, la population de l’Arabie saoudite était de 34,3 millions d’habitants. Avec une croissance annuelle d’environ 1,5%, elle devrait atteindre 40 millions en 2030. La population saoudienne consomme beaucoup d’eau, principalement en raison des conditions climatiques très arides du pays, mais également par manque de conscience sociale dans l’utilisation de l’eau, historiquement gratuite.

Le cas de l’Arabie Saoudite est similaire à celui de Las Vegas, puisque ce sont des terres arides, mais vastes, permettant une croissance rapide des plantations et des productions agricoles. On peut parler dans les deux cas d’autosuffisance alimentaire, mais si l’irrigation en eau ne suit pas, elle peut être mise en danger.
