L’Aude est un département du Sud-Ouest, où l’on retrouve Carcassonne ou Narbonne comme grandes villes. Depuis maintenant 2015, ce département subit une crise de l’eau sans précédent, où les habitants n’ont plus accès (ou en partie) à l’eau potable.
Entre pénuries, sécheresses dues au changement climatique, beaucoup de restrictions ont été mises en place pour palier à cette problématique quotidienne.
Ici, à Durban-Corbières, on constate que le lac était rempli, étendu sur plusieurs kilomètres carrés. Mais dès les années 90, il s’assèche considérablement, du aux conditions météorologiques ainsi qu’aux sécheresses chaque année.
Malheureusement, les pénuries en eau ne sont plus un problème relatif à la richesse d’un pays, mais peut impacter des régions et des zones plus riches, comme ici, en France.

Grâce à son engagement écologique avec son association Écolocal depuis 2008, nous rencontrons aujourd’hui Joël Aubé.
Initialement ingénieur, il a décidé de créer cette association dans le but de fournir un dialogue entre les habitants de l’Aude, ainsi que les collectivités locales.
LM : Bonjour Joël, quelles ont été vos premières motivations lorsque vous avez créé l’association ?
J.A: J’ai tout d’abord voulu créer un dialogue. Devenir acteur de mon territoire, et non pas seulement rester passif. Mon but était d’accompagner et valoriser les initiatives existantes proposées par d’autres associations ou collectivités.
Développer un autre rapport à la Terre, au vivant, développer une culture
LM : Quelles étaient les problématiques en matière de stress hydrique dans le département de l’Aude ? La situation a t-elle évolué aujourd’hui?
J.A : Il y a toujours des inondations, beaucoup de sécheresses dues au climat très sec notamment durant l’été. Des problèmes dont nous parlons moins sont par exemple les submersions marines, qui sont des inondations causées par la mer, et qu’on peut difficilement anticiper. Enfin, je dirais qu’il y a un véritable problème de salinisation, qui malheureusement impacte tout l’écosystème, la faune et la flore marine ou terrestre lorsque le niveau de sel dans le sol est trop toxique pour eux.
La situation à l’heure actuelle reste inchangée malheureusement, sinon plus grave encore, et va s’aggraver au fil du temps. Sans porter un discours alarmiste, les problèmes environnementaux doivent être notre priorité.
L.M : Quelles sont les actions concrètes que vous menez à l’échelle locale pour améliorer la qualité de vie des habitants ?
Nous réalisons des films (courts, moyen et à terme, long métrage), des enquêtes auprès des habitants pour avoir une vision plus concrète de ce que vivent les gens au quotidien, ainsi que des ateliers et des conférences pour sensibiliser les gens aux dangers du changement climatique, et ses conséquences.
Le changement climatique est l’un des rares sujets qui n’a pas de public-cible, ses conséquences désastreuses peut impacter tout le monde, quelque soit la classe sociale, le pays où l’on vit et notre sensibilité à l’écologie
L.M : Comment se déroule une journée type au sein de l’association ?
J.A : Pour l’instant, je travaille de chez moi, par rapport à la situation sanitaire, mais la majorité du temps, je suis directement sur le terrain, tant en studio pour enregistrer des podcasts, ou en train de faire des reportages photo.
L.M : À votre échelle, et au niveau citoyen, vous contribuez au bien-être des habitants, pensez-vous qu’il y a une fracture entre les habitants et la Préfecture (ou l’administration) en général ?
J.A : Je pense que la vraie fracture est relationnelles. Elles sont de qualité réduite voire mauvaise, et sont généralisées à tous les niveaux entre les habitants, les élus, les entreprises, les institutions, associations, chercheurs… et la liste est non exhaustive.
_______________
Dans l’Aude, un autre problème fait débat. Les bassines agricoles. Ce sont des bassines artificielles créées à partir du pompage de l’eau dans les nappes phréatiques et supposées irriguer les plantations, et participer à l’alimentation animale. Les agriculteurs sont pour la création de bassines agricoles puisque celles-ci contribuent pleinement à l’essor de leur économie, tandis que les habitants, se pliant déjà à des mesures restrictives doivent subir leur privation d’eau.

Certaines communes de l’Aude ont été contraintes de couper l’eau de 22H00 à 5H00, afin d’économiser cette ressource précieuse.
Le cas de l’Aude est un exemple concret de quoi est traité la crise de l’eau dans un pays prospère comme la France : de nombreux désaccords entre les parties (citoyens, gouvernement, agriculteurs, collectivités locales), des problèmes de différentes natures qui s’accumulent (sécheresses, inondations, qui ne sont pas incompatibles)…
